mardi 18 août 2015

LA PYRALE DU BUIS

Un beau papillon ?
La Pyrale du Buis (Cydalima perspectalis) est un papillon nocturne (Hétérocères) originaire d’Asie (Chine, Japon, Corée) cette espèce a été retrouvée dans divers pays d’Europe ces dernières années. Présente  en Suisse depuis 2007, elle a été repérée à Genève en 2012. Sa progression est donc très rapide. Elle a été découverte pour la première fois en France en Alsace en 2008. A ce jour elle a été détectée dans un grand nombre de régions, elle a fait son apparition en Midi-Pyrénées en 2014. Rapidement elle a envahi tous les départements de la région.
Sa plante hôte pour le moment est le Buis (Buxus sempervirens). Les chenilles sont très voraces,  à terme elles mesurent 4 cm, elles ont une tête noire et brillante, un corps rayé de diverses teintes de vert et des soies blanches non urticantes. Elle pond de 5 à 20 œufs sur la face inférieure des feuilles, l’incubation est de  3 à 5 jours à 25°C. La chenille à 5 à 7 stades larvaires se développant en 20 ou 25 jours à 25°C avant la nymphose, le développement de la chrysalide (21mm) dure une dizaine de jours entre deux feuilles soudées par des soies. Les adultes (imago) sont des papillons aux ailes blanches bordées de brun, aux reflets irisé rose. Il n’y a pas de différence visuelle entre le mâle et la femelle. Le cycle de la pyrale est de 28 à 32 jours.
L’Imago  vit une dizaine de jours à 25°C ils sont visibles de mai à septembre.
De par leur voracité, les chenilles provoquent des dégâts très importants en consommant le feuillage et l’écorce fraîche des buis. Sa propagation rapide (2 à 3 générations par an) conduit à la défoliation complète des arbustes. Elles semblent  pouvoir se nourrir d’autres plantes hôtes horticoles très largement proposées  en jardinerie comme le fusain du japon.
Cydalima perspectalis Photo C Conrad
Chenille Photo P. Falatico
Il existe des traitements pour éliminer les chenilles.  Je privilégierai la lutte biologique pour la simple raison qu’elle n’a pas d’effets secondaires. Nous avons pu constater sur des buis occupés par des chenilles, des Guêpes prédatant  des chenilles en prélevant  quelques morceaux ou la chenille entière quand celle-ci était de taille réduite. Actuellement une bonne partie des Vespidés (guêpes-frelons) ont leurs couvées (larves) à nourrir elles  sont carnassières donc les ouvrières leur apportent des protéines animales pour leur croissance.
Certains hyménoptères et insectes sont des auxiliaires qui rendent des services dans la nature et maintiennent en équilibre les écosystèmes,  le problème de la chimie c’est qu’elle ne fait pas de tri sélectif.
Si nous ne voulons pas que le buis disparaisse de notre paysage d’ici quelques années   nous devons réagir. Il existe trois moyens de lutter contre cette envahisseuse, la lutte chimique, le piège à capsule de phéromones est celui qui me semble le plus efficace,  la bactérie entomopathogène Bacillus thuringiensis est un agent pathogène efficace lorsqu’il est ingéré par les chenilles. Cette bactérie produit des spores et des cristaux de protéines qui entrainent la libération d’une substance toxique dans l’intestin des chenilles. Cette substance leur corrode la paroi intestinale et a pour effet de paralyser les mâchoires de la chenille. Quelques heures après l’absorption du produit, la chenille ne peut plus s’alimenter et meurt dans les jours qui suivent. Cette bactérie est utilisée depuis quelques années pour lutter contre l’invasion des chenilles processionnaires.

Le succès dépend de la rigueur avec laquelle on applique le traitement conseillé tous les dix jours, du mois de mai à septembre.

Conseil : Si toutes les feuilles de vos buis sont dévorées, ne les coupez pas, ils repartiront.


Réalisation Christian Conrad Naturaliste.

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